Walter Vale (joué par Richard Jenkins plus connu pour son rôle du patriarche fantôme, Nathaniel Fisher Sr, dans la série Six Feet Under) a 62 ans. Il est veuf, insociable et mène une existence insipide en tant que professeur d’économie dans une université du Conneticut. C’est l’anti-héros par excellence.
Sa vie routinière se voit perturbée lorsqu’il est envoyé à une conférence à Manhattan et retrouve son pied-à-terre new-yorkais occupé par un couple d’immigrés clandestins : Tarek, d’origine syrienne et Zainab, sa petite amie sénégalaise (dont le visage est marqué par l’inquiétude et la méfiance). Il les met d’abord gentiment à la porte, puis le scénario prévisible arrive : Walter leur offre l’hospitalité, le temps de trouver autre chose. Grâce à la musique et au djembé, Tarek et Walter tissent une amitié qui dépasse les frontières. Puis Tarek se fait arrêter dans le subway et embarquer dans un centre de détention dans le Queens. Et là le film prend une autre tournure. Celui de la sobriété et de la retenue sur un sujet aussi sensible que la politique d’immigration après le 11 septembre. Thomas McCarthy, le réalisateur, a l’intelligence d’éviter au spectateur un discours politique et politisé pour filmer avec sobriété et justesse le désarroi des clandestins et l’impuissance de leurs proches. C’est un des rares films qui montrent la réalité telle qu’elle est dans la vraie vie. Comment des personnes ordinaires peuvent entrer dans nos vies, les changer puis disparaître. Les histoires dans les films sont prévisibles, la vie ne l’est pas.


