Serendipity

Le don magique de faire par hasard des découvertes heureuses

Salaam Brick Lane 3 novembre, 2008

Filed under: Serendipity Books — Mel @ 11:49
Tags: , ,

Je ne sais pas s’il existe un équivalent parisien qui s’approcherait de près ou de loin au quartier de Brick Lane situé dans le East End londonien. Pour la plupart des anglais, cette rue symbolise le quartier des Bengalis, d’où le surnom de Banglatown. Mais contrairement aux idées reçues, ce quartier n’est pas qu’une enfilade de curry houses et de vendeurs de kebab. C’est un quartier multi-ethnique qui accueille de nombreux immigrés venus des quatre coins du monde : Somaliens, Irakiens, Iraniens, Afghans, Congolais, Nigériens, Ghanéens, Kosovars, Albanais, pour n’en citer que quelques uns.

Tarquin Hall, un journaliste anglais issu de la classe moyenne qui revient vivre dans son pays natal après avoir passé plus de dix ans en Asie, se voit contraint d’habiter dans le quartier de Brick Lane, faute aux loyers exorbitants pratiqués dans les quartiers huppés de son enfance. Le livre démarre par ses recherches d’appartement et sa rencontre avec Mr. Ali son futur propriétaire, personnage haut en couleur qui suggère un parapluie afin de remédier à une fuite au niveau du toit de la salle de bains… La suite raconte son intégration réussie dans Brick Lane. Il apprend à connaître ses voisins (Mrs Cohen), les commerçants (Mr Singh), les figures emblématiques du quartier (Chalkie qui revend des bouteilles de ‘Coat de Roen‘ tombées du camion) et à partager leur quotidien. Il y a de la réticence vis à vis de ce nouveau venu, cet étranger blanc qui s’intéresse à eux, à leur histoire, à partager leurs rêves, leurs espoirs. Il a aussi su retranscrire à merveille la couleur locale grâce aux accents de chaque nationalité (je crains le pire pour la VF…) Le plus savoureux étant celui de Mr Ali qui s’apparente à une sorte d’Eliza Doolittle (en plus viril) Sud Asiatique. »He dropped his Hs, pronounced nothing as ‘nafing’, and when addressing white people such as myself, dispensed with their proper names in favour of ‘geezer’, ‘guvna’, or ‘mate’. Anyone he didn’t like was invariably referred to as ‘bustard’. »

Il n’y a jamais de condescendence dans le point de vue de Hall, il ne juge pas les habitants, ni ne cherche à prêcher la bonne parole. Il y a uniquement de la générosité et de l’entre-aide mais sans tomber dans la mièvrerie. C’est le premier roman que j’ai lu qui raconte l’histoire d’un quartier de Londres qui a accueilli des vagues d’immigration depuis la nuit des temps et comment ces immigrés sont devenus des Anglais, comment ces mêmes immigrés ont participé à la construction et à l’évolution de l’identité anglaise qui relève plus d’une façon d’être, d’un état d’esprit que d’une question de génétique.

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s